Tout les membres du collectif travaille actuellement sur ce projet de Mapping Architectural.

Phase conception : validée

Bétasom

Betasom est une oeuvre participative se présentant sous la forme d'un mapping architectural interactif. Elle est
ce que l’on pourrait appeler l’âme du lieu, son identité organique, une entité virtuelle. Notre intention est de redonner
une identité au lieu à travers une métaphore de celui-ci, qui prend forme sous l’aspect d’un organisme virtuel au
comportement se rapprochant d’un organisme vivant. La projection va s’inscrire sur un mur du lieu comme un
épiderme, donnant vie au support en le revêtant d’une peau numérique. Nous souhaitons positionner le spectateur
comme un spect-acteur, le rendre actif, ne serait-ce, tout d'abord, que par sa présence, puis par son interaction avec
l'entité.
L’évolution de l’organisme se fait en fonction du temps qui passe et des interactions avec le public. En effet,
l’organisme évolue en taille au fil du temps, générant toujours un peu plus de cellules, afin de donner vie à une créature
virtuelle et l’inscrire dans la réalité du lieu. En reliant le spectateur au lieu par l’interactivité et en créant des liens
virtuels, pour qu'émerge un dialogue triangulaire entre l’oeuvre, le lieu, et le public.
L’organisme Betasom est une entité comportementale générative et interactive.
Dans ce projet nous tentons d’aborder sous un angle nouveau l’entrecroisement (rapport) du temps et de l’espace. Un
interstice se creuse, entre l’espace comme décor et l’espace manipulé afin d’incorporer la mémoire des événements qui
s’y sont passés et ceux qui s'y passeront lors de la diffusion. Par le biais du numérique, nous pouvons nous situer dans
cet interstice, celui-ci se resserrant, afin que le lieu puisse retrouver son équilibre, entre espace vierge propice à
l'appropriation et lieu pouvant être chargé d'histoire. Nous proposons de combler ce manque par un espace hybride, afin
de créer un espace qui n’oppose pas le réel au virtuel mais qui les combine dans la création d’une nouvelle perception
de la réalité.
Dans l’installation Betasom, l’identité du lieu prend à son tour une autre forme, une forme réelle, palpable, tangible, qui
est l’installation elle-même, ainsi qu’une forme illusoire, virtuelle, qui n’est pas palpable en soi, mais qui se laisse plus
facilement saisir par la marque d’un passé, tel le béton armé de ses murs épais, ou par le comportement de l'organisme
calqué sur le vivant. En effet, l’architecture imposante d'un bâtiment ancien parle de l’histoire, de la culture, de la
société et du passé, où s’opère une re-problématisation de l’identité afin de redonner vie à ce lieu où la mémoire s’est
sélectivement effacée et qui en est resté chargée symboliquement. Une identité éphémère est prêtée à un lieu, à un
bâtiment récent qui n'a pas encore d'histoire, mais qui a justement besoin de se construire une identité collective.
En partant de ce constat, nous invitons à des questionnements sur l’articulation entre spatialité, mémoire/temps ou
espace/temps et identité, sur un lieu qui entraîne un imaginaire identitaire.
Nous porterons attention au lieu, tout d’abord en tant qu’espace mémoire en tenant compte de son histoire, puis comme
espace identitaire en intégrant des fragments de son réel ou en utilisant ses murs comme support de projection, enfin
comme espace imaginaire, qui modifie notre rapport à l’espace/temps en les rassemblant.
Cet organisme virtuel nommé « Betasom » est une sorte de reflet de la vie du bâtiment. Il est constitué d’éléments qui
lui sont propres comme le son, dont une partie pourra être constituée de captations acoustiques du lieu dont on extraira
ainsi l’empreinte in situ, l'autre partie du son étant celui de l'organisme, en adéquation avec son activité. La
spatialisation sonore de l’installation se fera sur six enceintes et un caisson de basse disposés autour d'un espace dédié
au public, pour que le son provienne de divers endroits, entourant les spectateurs afin qu’ils aient non seulement
l’impression d’être immergés dans l’image de l’organisme, mais aussi pour leur donner l’illusion de se trouver dans son
corps. Le son sera donc spatialisé sur 6 voies.
Betasom n’est pas un organisme figé. Ses cellules se dilatent et se contractent en fonction de son rythme cardiaque.
C’est sur ce rythme cardiaque que le nombre de spectateurs a une influence. L’épicentre de l’organisme, caractérisé
comme l’endroit où il prend vie, va générer des ondes de propagation sur l’ensemble des cellules, donnant au spectateur
l’impression d’observer et d’être en corrélation avec le coeur du bâtiment. En tant qu’organisme, Bétasom mute. On
retrouve certaines phases de mitose, ainsi certaines cellules meurent au bout d’un temps défini. D’autres fusionnent et
donnent naissance à des cellules de taille plus importante. Les spectateurs quittant le lieu jouent un rôle sur l'organisme
en diminuant la durée de vie de ses cellules qui sont amenées à mourir.
En effet les cellules sont générées en fonction du temps qui passe, remplissant peu à peu toute la surface de projection.
La présence du public joue aussi sur le comportement des cellules et leurs évolutions, car leurs déplacements sont
captés afin d'obtenir différents flux de mouvements. Les cellules de l’organisme sont excitées et se modifient en
fonction de ces flux, et plus il y a de personnes, plus les cellules se répandent dans la surface, amenant l'organisme a se
diviser afin d'épouser l'espace qui lui est alloué et conditionné par l'architecture du bâtiment, révélant une autre peau,
une autre identité du lieu.

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Les Morphogénistes

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